Les outsiders de la profession
Le 7 octobre 2000 au soir, nous recevions dans la grande salle de conférence de l’Unesco à Paris, le Prix Argos Lewis Carroll, qui récompense le meilleur site web de l’année. Décerné par le CNRS et l’Institut international de l’audiovisuel et du cinéma, nous n’étions pas peu fières de monter sur scène, d’autant que la Directrice du Festival de Cannes nous remettait le trophée (phallique, bien évidemment). Mais quelle ne fut pas notre surprise, naïves que nous sommes, d’assister à la piteuse démonstration d’une cérémonie en cercle fermé dans lequel il est inespéré de pénétrer. Personne n’a pris la peine de nous accueillir, de nous parler, de discuter avec nous, de nous présenter à des personnalités du cinéma et de la télévision ou même de la recherche. Alors l’attribution de ce prix est-elle une erreur ou sommes-nous les femmes alibis de l’année? Inutile d’ajouter que parmi les nombreuses personnes qui se sont succédées à la tribune, une seule femme, accompagnée, a pris la parole, et une deuxième… a traduit son père ! Mais ne soyons pas amères ! Naïves certes, mais prévoyantes, nous avions concocté un petit discours aux petits oignons pour ces messieurs, que nous avons le plaisir de vous communiquer. Ce discours a d’ailleurs reçu quelques applaudissements. Enfin, encore merci à toutes celles qui nous ont témoigné leur sympathie et leurs félicitations.