Radicalement pour le droit à communiquer
La communication est un facteur-clé du processus de mondialisation. Qui contrôle linformation, la connaissance et linfrastructure technique qui les portent, a une emprise très forte sur le développement économique, social, culturel et politique. Il sagit donc dun domaine fondamental pour le combat social, et nous faisons face aujourdhui aux options suivantes :
1-Laisser sinstaller une société de linformation dans laquelle les médias et la connaissance sont la propriété privée de quelques multinationales, proposés à des consommateur-trices dans une pure logique de marché, où le contenu est homogénéisé et laccès aux moyens dexpression réduite a une élite sélectionnée (principalement des hommes, blancs et du Nord). Les tendances actuelles confortent ce modèle.
2-Ou construire une société de linformation basée sur la transparence, la diversité, la participation et la solidarité, et inspirée par une équité entre les genres et les différentes perspectives régionales et culturelles ; une société de linformation démocratique, dans laquelle tout le monde peut exercer le droit à communiquer, et être acteur-trice-s à part entière dans lespace public.
A loccasion du Séminaire sur lAppropriation et le Contrôle des Technologies de lInformation et de la Communication par la Société Civile mené durant ce deuxième Forum Social Mondial, les questions suivantes ont été identifiées comme prioritaires pour les agendas des mouvements civiques et sociaux :
.Démanteler la concentration monopolistique des médias et des systèmes de communication, incluant le contenu comme les logiciels.
.Promouvoir linformation comme un bien public mondial, en particulier pour sopposer aux accords en cours sur la propriété intellectuelle, qui protège le profit au détriment du partage et de léchange des connaissances.
.Défendre les ondes de la privatisation, en tant que bien public mondial.
.Défendre les libertés civiles et la vie privée contre lusage tentaculaire de la technologie pour le contrôle et la surveillance et contre des législations régressives qui menacent la liberté dexpression et dassociation.
.Encourager et créer du contenu pour les médias respectant pluralité et diversité dexpression, ainsi que léquilibre des genres, des cultures, des langues et des régions géographiques.
.Fournir accès et formation pour promouvoir lusage créatif des technologies interactives et pour sassurer que les TIC ne soient pas une nouvelle source de fracture sociale.
.Développer une économie solidaire dans le secteur des TIC.
Des initiatives civiques très diverses portant sur ces problèmes sont déjà menées activement et ont convergé, au cours du deuxième Forum Social Mondial, pour lancer la Campagne pour les Droits de la Communication dans la Société de lInformation (CRIS). Parmi ses premières étapes, la campagne CRIS propose de mobiliser la société civile dans la perspective des prochains Sommet Mondiaux sur la Société de lInformation organisés par lONU (Genève 2003, puis Tunis 2005), qui constituent une opportunité délargir le débat public et daffirmer notre co-responsabilité dans la définition de la société que nous voulons construire.
Les organisations qui participent au Forum Social Mondial sont encouragées à se joindre à la Campagne pour les Droits de la Communication dans la Société de lInformation et à contribuer activement à son développement : http://www.comunica.org/cris/