Femmes travesties : un « mauvais » genre
Responsables du dossier : Christine BARD et Nicole PELLEGRIN
Coordinatrice du numéro : Christine BARD

Sommaire
Christine BARD et Nicole PELLEGRIN
Introduction
Nicole PELLEGRIN
Le genre et l’habit. Figures du transvestisme féminin sous l’Ancien Régime
Frédérique VILLEMUR
Saintes et travesties du Moyen ge
Documents
Le silence de la travestie : un extrait du Roman de Silence (XIIIe siècle) traduit de l'ancien français et présenté par Florence BOUCHET
Un brave cavalier dans la guerre de sept ans, Marguerite dite Jean Goubler, par Sylvie STEINBERG
Le « DB58 » aux Archives de la Préfecture de police, par Christine BARD
Regards complémentaires
Susan CLAYTON : L’habit ferait-il le mari ? L’exemple d’un female husband, James Allen (1787-1829)
Isabelle DHOMMEE : Dietrich, Garbo et Hepburn : trois stars travesties dans l’Amérique de la Dépression
Laure HEUZE : Des femmes ensauvagées : les « Negras » de la fête de Moros y Cristianos à Petrer
Catherine ROGNON-ECARNOT : Poétique et politique du travestissement dans les fictions de Wittig
Marie-Hélène BOURCIER : Des « femmes travesties » aux pratiques transgenres : repenser et queeriser le travestissement
Témoignages
Martine LAVAUD, Mademoiselle de Maupin, ma thèse et moi
Jules FALQUET, Se nommer
Interview de Farid CHENOUNE par Christine Bard
Varia
Brigitte ROLLET et Geneviève SELLIER, Cinéma et genre en France : état des lieux
Geneviève SELLIER, Images de femmes dans le cinéma de la Nouvelle Vague
Brigitte ROLLET, Femmes et cinéastes en France : l'après-mai 68
CLIO a lu : Gewalt ist : keine Frau. Oder eine Geschichte der Transgressionen, par Hanna Hacker (C. Viollet) ;Lettres à sa fille, par Calamity Jane (L. Noël) ; Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années folles, par Christine Bard (C. Dean) ; Violette Leduc, par Carlo Jansiti (E. Seys) ; The Politics of Women’s Work : the Paris Garment trades 1750-1915, par Judith Coffin (D. Davidson) ; 100 ans de lingerie, par Marie Bertherat, Martin de Halleux (avec Véronique Girard) ; Les Dessous de la féminité. Un siècle de lingerie, par Farid Chenoune ; 1000 Dessous. Histoire de la lingerie, par Gilles Néret ; Les Dessous, par Marie Simon (critique synthétique, par V. Duclert) ; Parades et parures. L'invention du corps de mode à la fin du Moyen gee, par Odile Blanc(C. Bard) ;Accademiste a orvieto. Donne ed educazione fisica nell'Italia fascista 1932-1943, sous la dir. Lucia Motti e Marilena Rossi Caponeri (S. Valici) ; L'Education des filles au temps de George Sand, Michèle Hequet éd. (R. Rogers) ; La Prostitution à Saint-Pétersbourg (en russe), par N. B. Lebina, M. V. Skarovskij (J.-P. Depretto) ; N° 29 de Droit et cultures sur « Les Femmes et la Famille en Russie » (J.-P. Depretto) ; Mon voyage aventureux en Russie soviétique, par Madeleine Pelletier (J.-P. Depretto) ; Jüdisches Bürgertum. Frau, Familie und Identität im Kaiserreich, par Marion Kaplan (R. Beck) ; France between the Wars : Gender and Policics, par Siân Reynolds (F. Thébaud) ; Germaine Poinso-Chapuis, sous la dir. Yvonne Knibiehler (S. Chaperon) ; Ecrire l’histoire des femmes, par Françoise Thébaud (R. Rogers) ; Voices of Women Historiens : the Personal, the Political, the Professional, ed. by Eileen Boris and Nupur Chaudhuri (F. Thébaud) ; De Historia, par Eric Hobsbawm (S. Valici) ; Dans l’œil du miroir, par Françoise Frontisi-Ducroux et Jean-Pierre Vernant (L. Bruit-Zaidman) ; Gender and Class in Modern Europe, sous la dir. Laura Frader, Sonya Rose (D. Davidson) ; Un procès de sorcière, par Claude Alain Sarre (Y. Knibiehler)
CLIO a reçu
Informations et initiatives


Résumés / Abstracts*
* Frédérique VILLEMUR
Recluses, ermites ou engagées dans le monde, les saintes travesties sont nombreuses jusqu’à la fin du Moyen Age. Ayant valeur de transgression et / ou d’initiation, le travestissement permet à Thècle, Pélagie, Marguerite, Marine ou Eugénie de redéfinir non seulement la notion de virginité mais d’affirmer une sainteté au nom d’une intégrité qui dérange les catégories sexuées et renverse les notions de genre. D’autres, comme Galla, Paula ou Wilgeforte, délivrent de l’antagonisme des sexes. Et toutes, jusqu’à Jeanne d’Arc, bouleversent la destinée des femmes en perturbant l’ordre temporel des hommes. Ainsi apparaît la conquête d’un nouveau corps à travers la mission chrétienne et l’expérience mystique, qui déjoue la nature de femme et les vertus masculines.
Cloistered, as hermits, or living in the secular world, cross-dressed female female saints are numerous, until the end of Middle Ages. Transgressive and / or initiatory transvestism allowed Thekla, Pelagia, Margarita, Marina or Eugenia to define virginity and sainthood in the name of an integrity which troubles sexual categories. Others such as Galla, Paula or Wilgeforta, set free from sexual antagonism. And all of them, up to Joan of Arc, radically transformed women’s destiny by disturbing men’s wordly order. Thus appears the conquest of a new body through the Christian mission and the mystic experience, which confounds women’s nature and masculine virtues.
* Nicole PELLEGRIN
Dans une société où le vêtement doit rendre visibles toutes les hiérarchies sociales, le port par les femmes de tout ou partie du costume masculin, a longtemps été considéré comme une atteinte grave aux commandements divins, avant d'être condamné par la loi civile et la morale dominante. Pour celles qui osèrent s'habiller en hommes, le transvestisme fut d'abord un moyen de survie : déguisement des persécutées et des amoureuses, habillement commode des pauvresses et des patriotes. Il leur permit aussi de rendre visibles des revendications de liberté physique, d'égalité économique et de dépassement du cadre binaire des relations de sexe. Images de subversion politique et/ou d'affirmation d'une identité sexuelle non conforme.
In a society where clothing was directly associated with sexual and social status, women wearing men's clothing were seen as transgressing divine commandment, and, later, moral and legal codes. Nevertheless, many of them dared to dress as men as a way of surviving and/or expressing their sexual preferences. For poor girls, runaways, patriots and lovers, transvestism was an opportunity to obtain physical freedom and equal pay. By not adhering to socially-defined gender roles, historic female transvestites may offer us (as theu may have offered their contemporaries) images of political and sexual subversion.
* Florence BOUCHET
Dans le Roman de Silence (XIIIe siècle), le comte de Cornouailles fait passer sa fille Silence pour un garçon afin de préserver son droit d'héritage. Heldris de Cornouailles, l'auteur de cet ouvrage, explore les jeux linguistiques et les possibles romanesques générés par cette transgression de l'identité sexuelle (quiproquos allant jusqu'à une scène de séduction, inspirée du topos de la femme de Putiphar, qui confronte virtuellement l'héroïne à l'homosexualité féminine).
In the Roman de Silence (XIIIth c.), the count of Cornwall brings up his daughter Silence as a boy in order to preserve her inheritance. Heldris of Cornwall, author of the novel, explores the plays on words and the narrative potentialities created by this transgression of sexual identity. From deception to misunderstanding, the heroine faces potential female homosexuality in a scene inspired from the Potiphar's wife topos.
* Sylvie STEINBERG
En 1761, Marguerite Goubler est reconnue comme femme alors qu’elle sert depuis plus d’un an dans un régiment de cavalerie. Son dossier, conservé aux Archives de la guerre, laisse deviner un destin hors du commun, celui d’une aventurière qui s’illustre sur les champs de bzataille et fit la fierté de ses officiers. En même temps, la comparaison avec d’autres dossiers de femmes engagées dans les armées montre qu’il existe une sorte de paradigme de la femme-soldat aux XVII-XVIIIe siècles, qu’illustrent notamment de nombreux romans, ce qui peut expliquer la relative indulgence voire l’admiration des autorités à leur égard.
In 1761, Marguerite Goubler serving in the regiment of cavalry since one year is recognized as a woman. Through her dossier (Archives of the War), we may guess an unusual fate, the destiny of a soldier of fortune, becoming famous on battlefields, the pride of her own officers. If we compare with the dossiers of other women fighting in the French armies, we are able to establish a kind of paradigm of the female warrior in the XVIIth-XVIIIth centuries, the very subject of many novels. It may explain the authorities relative leniency and even admiration towards them.
* Christine BARD
Le dossier DB 58 des Archives de la préfecture de police de Paris, souvent évoqué mais jamais analysé, est ici présenté. Ce fonds qui aurait pu être majeur pour l’étude des « travesties » du XIXe siècle, puisqu’il était censé conserver les demandes et les autorisations de porter l’habit masculin en vertu de l’ordonnance de 1800 est hélas dans un piètre état de conservation. Il apparaît comme une « butte témoin » infidèle et hétéroclite des pratiques, et jette une faible lueur sur leur contrôle et la documentation réunie par ceux qui étaient censés l’exercer.
This article examines File DB 58 of the Paris police archives, often mentioned but never analyzed. A possibly major source for the study of 19th century female transvestites, as it was thought to contain the requests and authorisations to wear masculine clothing as required by an ordinance dating from 1800, the file is unfortunately in a pitiful state of conservation. Study of the file reveals an unfaithful and ill-assorted outilier of pratices, and throws a feeble light on their control, and the documentation gathered by those who were supposed to exercise it.
* Susan CLAYTON
James Allen, qui fut pendant 21 ans le mari d’Abigail, mourut à la suite d’un accident du travail. C’est à cette époque que les médecins découvrirent qu’Allen était une femme. De nombreux journaux britanniques en parlèrent. Cet article situe le cas d’Allen dans le contexte plus large des female husbands (telles que Mary Hamilton et Catherine Vizzani) et analyse trois aspects récurrents dans la presse de 1829, ainsi que dans les autres récits : d’abord le travestissement et la dissimulation, ensuite la sexualité féminine, y compris le lesbianisme, et enfin la terminologie utilisée, ce qui ouvre un débat sur la multiplicité générique, confrontée à l’organisation dichotomique de la société.
James Allen, who for 21 years was married to Abigail, died following an industrial injury. It was then, in January 1829, doctors discovered Allen was a woman. Numerous British newspapers covered the story. This article situates the example of Allen in a wider context of female husbands (such as Mary Hamilton and Catherine Vizzani) and considers three aspects of press coverage of the affair in 1829, as well as the other accounts ; firstly disguise and deception, then female sexuality including lesbianism, and finally terminology. Likewise the issue of gender multiplicity and the dichotomous organization of the same by society is raised.
* Isabelle DHOMMEE
Dans une Amérique secouée par la Grande Dépression, trois stars hollywoodiennes féminines, Marlène Dietrich, Greta Garbo et Katharine Hepburn ont, chacune à leur manière, malmené l’ordre social en usant et abusant des atours masculins à la ville comme à l’écran.
During the Great Depression, three Hollywood female stars, Marlene Dietrich, Greta Garbo, and Katharine Hepburn managed in their own way to question sexual conventions by cross-dressing both on and off screen.
* Laure HEUZE
L’évolution du statut et de la libération des femmes dans la société espagnole contemporaine est ici étudiée à travers leur participation progressive dans une fête de Maures et Chrétiens du pays valencien. Leur trajectoire, liée aux contextes politiques et sociaux successifs, est marquée, dès le début du XXe siècle, par leur appropriation de rôles festifs jusque là réservés aux hommes. Mais ce n’est qu’à partir des années 1960 qu’elles commencent à revendiquer leur identité propre, et cette émancipation se traduit par l’adoption de costumes masculins. Grâce à cette phase de marginalisation, caractérisée par le travestissement, les femmes, représentées par les « Negras », vont peu à peu reconquérir leur « féminité ».
This article studies the evolution of women’s condition and their liberation in Spanish contemporary society, with reference to their progressive participation in the Petrer’s Moorish and Christian Festival, in the Alicante region. Their evolution, linked to the successsive political and social contexts, from the begining of the XXth century, is marked by the appropriation of festive male parts. In the early 1960s, they claimed their emancipation and wore male costumes. Following this stage of transgression with its characteristic cross-dressing, women embodied in a group called « Negras » progressively « recovered » their « femininity ».
* Catherine ROGNON-ECARNOT
Cet article explore la question du travestissement et de la représentation du corps dans trois livres de Monique Wittig : Virgile, non, Les Guérillères, Le Corps lesbien. Dans Virgile, non, l'apparence féminine est un accoutrement humiliant, signe de servitude, qui efface le corps de chaque individu au nom du mythe de la femme. Les lesbiennes qui ont fui l'enfer hétérosexuel, comme les héroïnes des Guérillères cherchent une apparence qui donne à voir qu'elles ne sont ni des femmes ni des hommes. Mais cet au-delà des sexes impensable ne peut prendre forme que dans la littérature. Il prend forme notamment dans le texte le plus poétique de Monique Wittig, Le Corps lesbien, qui fait voler en éclat les représentations traditionnelles du corps féminin et lui substitue un corps en mutation constante, polysémique, au-delà de l'unité comme du binaire.
This article examines the issue of tranvestism and representation of the body, in three books by Monique Wittig : Across the Acheron, The Guérillères and The Lesbian Body. In Across the Acheron, the female appearance is an humiliating get-up, a sign of servility, which erases everyone's body in favor of The Woman's Myth. Lesbians, who escaped from the heterosexual Hell, like the heroines of The Guérillères, look for an appearance showing that they are neither women nor men. But this unthinkable beyond-sexes can only take shape in literature. It is expressed in Monique Wittig's most poetical text, namely The Lesbian Body, which breaks the traditional representations of the female body and creates a polysemous, shimmering body, defying both unity and duality.
* Marie-Hélène BOURCIER
Peut-on continuer à parler de "femmes travesties" sans questionner la construction à la fois hétérocentrée et masculine du travestisme, «perversion-inversion» essentiellement vestimentaire et qui n’a de sens que dans un régime hétéro-sexuel binaire établissant une continuité réglée entre sexe et genre, entre le sexe biologique, le masculin et le féminin ?
En proposant un rapide aperçu des différents modèles interprétatifs du travestisme : le modèle médical (les sexologues de la fin du XIXe et du XXe), le modèle féministe émancipationniste (Simone de Beauvoir), le modèle queer de la performativité (Judith Butler), l'article retrace la généalogie des différentes exclusions, des frontières et des délimitations oublieuses qu'entraîne une fidélité aux définitions disciplinaires ou idéologiques du «travestisme» des femmes. Parler de «pratiques transgenres» permettrait d’embrasser un plus grand nombre d’expressions de genres et de réévaluer la pseudo exceptionnalité du «travestisme.»
Can we still use the category of «female travestite», without questioning the heterocentric and androcentric frameworks within which this category has been constructed ? The aim of this paper is to question this contradictory model of the «female travestite» and the ways in which (being a short of «perversion-inversion» which is primarily considered as a matter of clothing) it comes to fulfill the normative continuity between sex and gender, and to re-establish the sexual biological binarism of femininity and masculinity within the social and political spheres. A brief account of the different interpretative models on transvestism : the medical model (end of XIXth and begining of XXth century sexology), the feminist emancipatory model (Simone de Beauvoir) and the queer performative model (Judith Butler), this paper traces the genealogy of exclusions, frontiers constructed by a certain disciplinary account of sexual and gender practices. Using a concept such as «transgender practices» would help to embrace a great number of gender expressions and could help to reevaluate historical cases of travestism.
* Martine LAVAUD
Cet article montre comment Mademoiselle de Maupin de Gautier a inspiré une thèse consacrée à "Théophile Gautier, militant du romantisme". Gautier fait ainsi du travestissement un état d'esprit, une sorte de souplesse mentale qui, refusant les limites imposées, défait le militantisme de sa rigidité.
This article shows how Mademoiselle de Maupin by Gautier inspired a doctoral thesis entitled "Th. Gautier, a staunch advocate of Romanticism".For Gautier, transvestism is thus a frame of mind, a kind of intellectual lissomness which, hating imposed limits, also refuses a short-sighted militancy.
* Jules FALQUET
Une jeune sociologue française raconte pourquoi elle a choisi un prénom masculin, Jules, et livre quelques observations sur le travestissement et l’homosexualité au Salvador et au Mexique, où elle étudie les mouvements de femmes.
A young French sociologist explains why she choose a male name and gives some observations on transvestim and homosexuality in Salvador and Mexico where she studies women’s movements.
* Geneviève SELLIER
L'émergence de la Nouvelle vague au tournant des années 1960 peut se lire comme la revendication d'une posture créatrice relevant de la culture d'élite, dans un medium jusque là éminemment populaire, le cinéma. S'inscrivant dans une tradition culturelle particulièrement forte en France, ce nouveau cinéma va se conjuguer quasi-exclusivement au masculin singulier, et les figures féminines qu'il crée oscillent entre la prise en compte de l'émancipation des femmes réelles et des fantasmes romantiques et misogynes beaucoup plus archaïques. Ces contradictions sont explorées à travers quatre films de Godard, Chabrol, Varda et Resnais.
The emergence of the « New Wave » within French Cinema at the beginning of the 1960’s can be read as a successful claim for a new artistic expression, in a traditionaly popular medium. In a cultural tradition very specific to France, this new generation of film makers were almost all male and offered new images of women fluctuating between an account of emancipated real women and romantic and misogynistic fantasy. Those contradictions are explored in four films by Godard, Chabrol, Varda and Resnais.
* Brigitte ROLLET
Agnès Varda, Coline Serreau, Nelly Kaplan, trois noms parmi des dizaines qui illustrent chacun à leur manière une nouvelle façon de faire du cinéma : même si la carrière de la première est antérieure à mai 68, son nom comme celui des autres est lié à ce qu’on appellera dans les années 1970 le « cinéma des femmes ». Cet article propose une interrogation sur ce cinéma au féminin, afin d’envisager à la fois le contexte particulier dans lequel il émerge, les problématiques qu’il soulève, et ce en quoi il va renouveller un cinéma français jusqu’alors ultra masculinisé. Il analyse également quelques films-clés d’après mai 1968. Cette décennie amorce un processus de féminisation du cinéma. Elle a aussi et surtout le mérite d’apporter des alternatives à la représentation dominante des sexes et des rapports de sexe à l’écran, et de donner une voix à des personnages féminins différents.
Agnès Varda, Coline Serreau, Nelly Kaplan, a few names among dozens of directors who illustrated in many ways a new approach in filmmaking. Although Varda’carreer started before May 68, her name, like the others, is linked to the development of « women’s films » as it was called in the 1970s. This article raises questions about women’s filmaking and adresses the specific context in which it emerged within an overly masculinised French cinema. The 70s alsaw saw the start of a slow process of feminisation of French cinema. The decade also and above all brought new alternatives to the dominant representations of gender and relationships between the sexes, by creating and giving voice to new female characters.

Auteurs
Christine BARD est maîtresse de conférence en histoire contemporaine à l’Université d’Angers, Elle a consacré sa thèse, dirigée par Michelle Perrot à l’Université de Paris 7, à l’histoire des mouvements féministes en France de 1914-1940, publiée en 1995 chez Fayard sous le titre Les Filles de Marianne. Elle a aussi organisé en 1991 un colloque sous l’égide du CEDREF consacré à la féministe radicale Madeleine Pelletier (Madeleine Pelletier. Logique et infortunes d’un combat pour l’égalité, Paris, Côté femmes, 1992). Son intérêt pour l’histoire du brouillage des genres l’a conduite vers Les Garçonnes. Modes et fantasmes des Années folles, Paris, Flammarion, 1998. Un siècle d’Antiféminisme, vient de paraître, sous sa direction, chez Fayard, en 1999.
Florence BOUCHET, ancienne élève de l'ENS de Fontenay-aux-Roses, est maître de conférences de littérature médiévale à l'université de Toulouse II-Le Mirail. Elle a traduit des extraits du roman Méliador de Froissart dans D. Régnier-Bohler dir., La Légende arthurienne (Laffont, "Bouquins", 1989) et écrit une quinzaine d'articles portant principalement sur la littérature narrative du Moyen ge tardif (Froissart, Thomas de Saluces, René d'Anjou, Alain Chartier...). Elle travaille actuellement sur la traduction intégrale du Roman de Silence (Laffont, "Bouquins", à paraître en 2000) ; la traduction du Quadrilogue invectif, d'Alain Chartier (Champion) et à la publication de sa thèse de doctorat : Lire, voir, écrire au XIVe siècle : étude du "Livre du Chevalier errant" de Thomas de Saluces.
Marie-Hélène BOURCIER, normalienne, sociologue, a animé le séminaire Q.ueer du Zoo, dont l'objectif est de diffuser savoirs et références relatifs à "la construction historique, sociale, politique et culturelle de l'homosexualité, de l'hétérosexualité et des genres" et de mettre en valeur "l'originalité de la pensée queer" et "la spécificité des points de vue gais, lesbiens ou trans".
Susan CLAYTON est maîtresse de conférences à l’Université de Paris VII où elle enseigne la civilisation britannique. Elle a soutenu en 1991 sa thèse de doctorat en sociologie à l’Université de Pairs VII sur Les représentations sociales de l’homosexualité masculine en Angleterre et en France de la fin du XIXe siècle à nos jours. Ses recherches actuelles portent sur les female husbands.
Isabelle DHOMMEE poursuit un doctorat en études cinématographiques et audiovisuelles à l’Université de Paris III - Sorbonne Nouvelle, sous la direction de Noël Burch. Prenant comme point de départ une liste de "poisons du box-office" publiée en mai 1938 par le quotidien professionnel The Hollywood Reporter, sa recherche concerne le phénomène social de la star aux Etats-Unis pendant les années 1930.
Jules FALQUET, sociologue, est ATER à l’université de Paris VII et membre du CREDAL-ERSIPAL (Centre de recherche et de documentation sur l'Amérique latine, Equipe de recherche sur les sociétés indiennes et paysannes d'Amérique latine) à Paris III. Sa thèse s’intitule Femmes, projets révolutionnaire, guerre et démocratisation : l’apparition du mouvement des femmes et du féminisme au Salvador (1970-1994), sous la direction de Christian Gros, Institut des hautes études d’Amérique latine – Paris III, 1997. Elle a publié des articles dans Clio, Nouvelles questions féministes, Les Cahiers du GEDISST, Les Cahiers des Amériques latines, Futur antérieur. Elle travaille actuellement sur la participation des femmes dans le mouvement zapatiste (Mexique) et dans le Mouvement des sans terre (Brésil), ainsi que sur les effets de la mondialisation sur l'apparition de nouveaux mouvements sociaux.
Laure HEUZE est doctorante et allocataire de recherche à l’EHESS (Centre d’anthropologie de Toulouse). Sa thèse étudie les parcours masculins et féminins dans une fête de Maures et Chrétiens (Petrer, Alicante).
Martine LAVAUD enseigne les lettres à Angers, dans le secondaire. Particulièrement intéressée par la constitution de certains stérétotypes dans la littérature du XIXe siècle (le romantique et le bourgeois, la "sexuation" de la science virile et de la littérature féminine...), elle vient par ailleurs de soutenir à l’Université de Paris III une thèse dirigée par Philippe Berthier et intitulée Théophile Gautier, militant du romantisme. Celle-ci sera publiée l'année prochaine aux éditions Champion (coll. "Romantismes et modernité"). Martine Lavaud va également participer, toujours chez Champion, à l'édition des oeuvres complètes de Gautier qui devrait s'étaler sur les quatre prochaines années."
Nicole PELLEGRIN
Historienne et anthropologue, Nicole Pellegrin est chargée de recherches à l'Institut d'histoire moderne et contemporaine du CNRS à Paris et s'occupe de formation permanente à Poitiers où elle vit. Ses travaux portent principalement sur les rôles et les fonctions des femmes dans la France d'Ancien Régime, sur leurs pratiques corporelles et vestimentaires et sur la culture matérielle paysanne. Elle a co-organisé et préparé les actes de plusieurs colloques : "Echanges et cultures textiles, XVI-XIXe siècles", Revue du Nord, n° spécial, janvier 1997 ; "Le mouchoir dans tous ses états", Cholet, octobre 1999 ; "Lisières et bordures", à paraître, Paris, octobre 1999, et "Veuves et veufs dans la France d'Ancien Régime", à paraître. Elle dirige la collection "Dire l'Histoire" des éditions Gorgones où elle a préfacé les Mémoires de la marquise de Ferrières née en 1742 (Bonnes, Les Gorgones, 1998). Elle vient de publier "Françoise d'Aubigné et l'érudition poitevine. Chauvinisme, misogynie et Histoire(s)", Albinea 10-11 (1999), n° spécial : "Autour de Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon", pp. 69-87.
Catherine ROGNON-ECARNOT, agrégée de Lettres modernes, achève une thèse de doctorat sur L’écriture poétique de Monique Wittig à l’Université de Paris VII, sous la direction de Nicole Mozet.
Brigitte ROLLET est senior lecturer en French studies à l’Université de Portsmouth (Grande-Bretagne). Elle a soutenu sa thèse, Le film de fiction dans la classe de civilisation, en 1995 à l’Université de la Sorbonne nouvelle – Paris III, sous la direction de Louis Porcher. Elle publié plusieurs articles en français et en anglais sur le cinéma français, un ouvrage sur Coline Serreau (Manchester University Press, 1998) et prépare actuellement avec Carrie Tarr un ouvrage sur les réalisatrices françaises contemporaines, Cinema and the Second Sex (à paraître chez Cassel en 2000).
Geneviève SELLIER, agrégée de Lettres modernes, s'est spécialisée dans l'histoire du cinéma et des représentations filmiques. Sa thèse sur Jean Grémillon (Méridiens-Klincksieck, 1989) analyse en particulier la nouveauté des figures féminines chez ce cinéaste dans le contexte du cinéma français classique. Une analyse critique des Enfants du paradis (Nathan, 1992), articule histoire politico-culturelle et analyse des représentations des rapports et des identités de sexe. En collaboration avec Noël Burch, La Drôle de guerre des sexes du cinéma français 1930-1956 (Nathan, 1996) propose une analyse historique des représentations filmiques en prenant en compte l'ensemble de la production française de l'avant-guerre, de l'occupation et de l'après-guerre. Enfin, elle a dirigé le numéro 26 (automne 1999) de la revue Iris (théorie de l'image et du son) sur l'apport des gender studies et des cultural studies anglo-américaines aux études filmiques.
Sylvie STEINBERG, agrégée d’histoire, a soutenu en 1999 à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris), sous la direction de Jean-Louis Flandrin, une thèse sur Le Travestissement en France à l’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles). Recherches sur la différence des sexes, à paraître aux éditions Fayard. Ses recherches actuelles portent sur l’histoire de la sexualité à partir de sources judiciaires de l’Ancien Régime et sur les représentations de la différence des sexes notamment dans la médecine et la physiognomonie anciennes.
Frédérique VILLEMUR a consacré sa thèse soutenue à l’Université de Paris VII en 1991 aux Figures de l’androgyne, et en prépare actuellement une version à paraître : « L’androgyne amoureuse », pour une histoire des genres à la Renaissance. Elle a publié des articles sur les femmes écrivains et sur la notion de genre dans l’humanisme de la Renaissance.