Non à l’Europe proxénète !

En totale contradiction avec la Convention des Nations Unies du 2 décembre 1949 pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui, l’Union Européenne affirme vouloir désormais combattre le trafic « illégal » des personnes reconnaissant ainsi qu’il peut y avoir un commerce « légal » des êtres humains.
C’est, en partie, la conséquence de ce qui a été défini lors de la Conférence Internationale sur les Femmes de Beijing (1995), cette subtile distinction introduite sous l’égide des pays réactionnaires entre prostitution dite « LIBRE » et prostitution dite « Forcée », permettant toutes les dérives que nous avions prédites et que nous voyons apparaître actuellement. Comment peut-on penser qu’un être humain puisse faire le choix délibéré de devenir esclave : car être prostitué-e c’est être esclave... c’est la dernière forme de l’esclavage moderne !
Seul le Gouvernement Suédois a proclamé, en 1999, que : la prostitution est une violence contre les femmes. Il a rédigé un texte « pour la paix des femmes » et a commencé à pénaliser les clients. Qu’attendent nos gouvernements respectifs pour agir de même ?

Le fait prostitutionnel n’est pas « le plus vieux métier » du monde... Il est lié aux rapports de domination des hommes sur les femmes depuis l’avènement du patriarcat.
La cause essentielle en est la demande masculine (même si cette demande concerne parfois d’autres hommes, c’est l’exception qui confirme la règle).
Les circonstances favorisantes sont :
* Les abus sexuels dans la famille (inceste, viols).
* La très grande violence envers les femmes partout dans le monde, sans distinction de race, de classe sociale, de culture ou de religion.
* La très grande pauvreté des femmes, qui ne possèdent que 1% des richesses de la planète alors qu’elles reproduisent l’espèce humaine et effectuent la majeure partie du travail de production de ces richesses.
* le crime organisé, dont l’impunité est assurée par les Etats dont certains sont, eux-mêmes, de grands proxénètes par les amendes qu’ils infligent et les impôts qu’ils prélèvent sur les personnes prostituées contribuant, ainsi, à les maintenir dans le système qui les exploite.
* le blanchiment de l’argent de la prostitution (et de la drogue), avec la bénédiction des Gouvernements et des banquiers complices.
* Le tourisme sexuel vers les pays défavorisés où les parents sont quasiment « obligés » de vendre leurs trop nombreux enfants et où ils se séparent, prioritairement, des petites filles. Signalons, à ce sujet, les pratiques peu connues de certains pays musulmans où les fillettes sont vendues au plus offrant, dès l’âge de 9 à 10 ans, dans les maisons closes tolérées par les Gouvernements même les plus intégristes. Ces cas relèvent à la fois de la prostitution et de la pédophilie...
* La pornographie dans les médias et sa diffusion, (non contrôlée par des textes législatifs), via internet qui donne, des femmes, des images dévalorisantes d’objets sexuels à consommer pour le plaisir et le rut masculins !

Nous sous-signé/e/s affirmons que la prostitution n’est pas « un mal nécessaire » et qu’elle doit disparaître.

Nous exigeons que l’Union Européenne prenne une position efficace et solidaire :
- en supprimant la dichotomie qu’elle établit, sciemment, quand elle parle de trafic « illégal » des personnes, ce qui laisse la porte ouverte à la reconnaissance de la prostitution comme un « métier ».
- en pénalisant les clients : car la demande conditionne l’offre.
- en luttant contre toutes les formes de proxénétisme, y compris de celles des Etats.
- en permettant la réinsertion des prostitué/e/s dans des métiers qui préservent leur dignité.
- en instituant un fond spécial d’aide aux femmes en détresse, seules avec enfants, pour suppléer l’irresponsabilité flagrante de nombreux pères divorcés...
- en imposant une égalité réelle de rémunération, entre femmes et hommes, dans le travail.
- en mettant en oeuvre une éducation non sexiste.

L’exploitation sexuelle ne doit plus exister !....

(5 Avril 2000)
Pétition à signer et à envoyer à SOS SEXISME : 2 rue du Bel Air-92190-Meudon-FRANCE
http://perso.club-internet.fr/sexisme
sexisme@club-internet.fr