Appel pour Teletambores - Voix Des Femmes

Gladys Vivas et María Santini de Maracay, au Venezuela, ont adressé sur le réseau Netfemmes, l’appel à solidarité suivant : " Ce serait formidable si cette information pouvait, grâce à vous, rencontrer un partenaire dans la lutte encore longue pour le simple droit à l’existence de la femme dans les médias... "

Demande rédigée par :
Gladys Vivas, Proyecto Teletambores - Canal de las Mujeres.
Apartado 4836, zona postal 2101, Maracay, Venezuela, Tel. 005843534076.
E-mail commun au projet (para Gladys Vivas, María Santini, y Thierry Deronne) : cinepopular2@telcel.net.ve

Qui sommes nous ?
Nous sommes un collectif de femmes formées au sein de l’Ecole populaire de Cinéma de Maracay fondée par Thierry Deronne, un communicateur social belge. Nous participons au groupe MUSA (Mujer y SAlud comunitaria) où travaillent 23 femmes aux âges compris entre 25 et 60 ans, comme promotrices populaires de santé. Nous partons d’un concept intégral de la santé, où la population des quartiers populaires améliore sa qualité de vie à travers la participation et l’organisation (logement, travail, récréation, participation, santé en un mot) et
résoudre des problèmes de santé qui ne peuvent être assumés économiquement vu les hauts tarifs des médecins et des hôpitaux. Nous vivons et travaillons dans treize communautés populaires de Maracay : El Oasis, 13 de Junio, Albaro Martínez Paiva, Romulo Gallegos, José Antonio Paez, 24 de JUNIO, Morean Soto, La Avanzada, Los Jabillos, Camburito, Santa RITA, Paraparal y La Vaquera.
Au total nous sommes quarante femmes qui participent au groupe comme nouvelles participantes aux ateliers de l’Ecole Populaire de Cinéma et comme futures reporters communautaires. La politique de Teletambores - voix des femmes (orientations, décisions sur les lieux où doivent se dicter tous les ateliers, les programmes vidéos à réaliser et les participations nouvelles à intégrer) est déterminée par les femmes.

Que voulons-nous ?
Notre objectif pour l’an 2000 est de créer un canal alternatif et indépendant de télévision pour les femmes des quartiers de Maracay.
Il s’agit de mettre en pratique les résolutions de Beijing sur l’"urgente et nécessaire participation des femmes dans l’élaboration de l’Information". Dans ce Venezuela machiste, il n’existe aucun canal de radio ou de télévision fait par les femmes et/ou pour les femmes. Avec notre canal nous voulons que la femme devienne visible, prenne la parole, enfin. Ceci passe par la formation du plus grand nombre possible au maniement du langage audiovisuel, afin de multiplier sa participation et sa présence dans cette société. Et par l’acquisition de petites antennes portables pour diffuser la production au plus grand nombre de téléspectateurs.

Nous voulons que ce projet débouche non seulement sur une diffusion croissante de l’information sur les droits de la femme, mais aussi sur une plus grande organisation féminine, tâche importante. Dans une enquête récente réalisée par nos soins, 80 % des femmes des quartiers ne participent à aucune organisation, mais le paradoxe veut que la même proportion manifeste que ce qui les affecte le plus sont les problèmes sociaux.

Teletambores - voix des femmes sera destinée prioritairement aux femmes des communautés populaires, chefs de foyer, dont beaucoup travaillent dans l’économie informelle, par exemple comme vendeuses de rue dans le centre de Maracay. Leur âge moyen est de 35 ans. L’ensemble
de la population du quartier en bénéficiera aussi, puisqu’il s’agit de construire l’égalité de genre et le respect pour la femme, clefs d’une société libre.

De quoi avons-nous besoin ?
Notre projet est modeste puisqu’il peut être réalisé moyennant un apport de 5440 dollars. Cette somme correspond à l’achat de petits émetteurs UHF portables, qui nous permettraient ‘assurer notre propre diffusion TV (2 X 720 $ = 1440 $) et de deux petites caméras digitales Sony, pour assurer la production d’images au quotidien (2 X 2000 $ = 4000 $). L’Ecole Populaire de Cinéma nous offre gratuitement les services de formation à l’image et d’utilisation de son banc de montage.

Jusqu’ici nous n’avons pas eu d’aide de l’Etat. En tant que femmes des communautés populaires, ce que nous gagnons nous suffit à peine pour alimenter et vêtir nos enfants. C’est ce manque de ressources qui motive notre demande.

Ces émetteurs et ces caméras nous permettraient de nous projeter dans davantage de quartiers, de former plus de femmes, de leur donner davantage la parole, pour briser le silence et la peur, d’influencer la vie publique et de faire pression sur les politiques pour qu’ils appliquent enfin les droits de la femme, et cela se fera en mobilisant la population des quartiers populaires à travers nos programmations quotidiennes, après avoir annoncé à la population locale l’heure et le canal choisi, comme le font les femmes de TV Maxambomba au Brésil, une télévision devenue un puissant outil d’organisation. Nous croyons que ce projet, par son enracinement dans les communautés, pourrait produire de grands résultats à peu de frais.

Nous sommes à votre totale disposition pour vous envoyer le dossier complet du projet. Et nous vous envoyons notre abrazo de sœurs en lutte depuis Maracay, Venezuela.

Gladys Vivas,
Maracay, mai 2000.
(traduction : Thierry Deronne)