penelopes@penelopes.org III 30 janvier 2001

Recherche : par date / sujet


Les Ghanéennes et leurs droits
par Maggy Grabundzija, Marina Galimberti


"Il me semble qu'aujourd'hui nous assistons à l'émergence du féminisme comme l'expression humaniste la plus forte". Tatiana Mamanova, Woman and Earth, Ecris féministes de Russie (Boston, Beacon Press, 1984)

D’un point de vu légal, les Ghanéennes ont les mêmes droits que les hommes. De fait, elles sont discriminées socialement et économiquement, leur rôle dans l'économie du pays n'est point reconnue. En effet, les femmes assurent la production des cultures vivrières et détiennent le monopole de la vente aux marchés. Bien souvent elles sont les seules en charge des besoins quotidiens de la famille.
Le problème crucial reste l’obtention d’une terre pour cultiver pour elles-mêmes, s'affranchir de l'emprise des hommes et s'assurer une gestion autonome des ressources.

D’un point de vu légal, les femmes devraient avoir les mêmes droits que les hommes. Théoriquement, elles peuvent engager des activités économiques, posséder leurs propres propriétés, décider ou non de se marier, d’avoir des enfants en dehors de l’institution (la polygamie est un modèle fréquent). Elles saisissent la justice et peuvent réclamer une pension à leur mari.
Traditionnellement chez les Ashanti, un sous-groupe des Akan majoritaire au Ghana et fondateur au XVIIe siècle d'un empire florissant, les biens et les fonctions découlent de la descendance maternelle (système matrilinéaire). Les droits d’héritages aussi transitent par la mère. Les terres leur appartiennent. Les femmes Ashanti sont relativement libres et largement respectées. Les enfants héritent par leur sang de la mère et par l’esprit du père. L’enfant appartient à la mère en conformité au principe de la matrilinéarité. La femme reste sous la protection de son mari. Un Ashanti ne peut se marier au sein de son matriclan (principe d’exogamie). Les filles se marient dès l’atteinte de leur puberté. Les hommes peuvent se marier à plusieurs reprises s’il disposent de financement suffisant. En cas de mauvaise entente entre ses femmes, l’homme n’est pas responsable. Le droit de divorcer est accordé aux deux parties. Les raisons sont diverses et peuvent comprendre : l’adultère, la stérilité, l’alcoolisme, les abus physiques, le refus de soutenir financièrement la femme. En cas de divorce, les biens des femmes sont totalement séparés des hommes. Quant aux enfants, les filles restent dans le clan des femmes, alors que les garçons sont souvent pris en charge par leur père.

Dans la pratique, les femmes sont très discriminées économiquement et socialement. 53,5% des femmes sont analphabètes, Un test prénatal datant de 1987 montre que 69% souffrent de malnutrition.
D’après l’organisation "31rst December Women’s Movement", la division des tâches selon les genres entraîne une séparation géographique des hommes et des femmes. Les hommes se dirigent vers les villes pour obtenir un travail alors que les femmes restent dans les zones rurales. Plus de 50% des travaux agricoles sont effectués par les femmes, or seulement le 25% d’entre elles sont classées comme agricultrices ou directrices de ferme, même si elles sont au poste de responsabilité.
Elles produisent plus de 60% des récoltes alimentaires et sont les seules en charge des besoins quotidiens de la famille, mais n'ont pas d'accès à la terre.
Les obtentions de crédits sans accord marital sont impossibles. Elles ne peuvent hériter à proportion égale aux hommes de la famille. Les femmes veuves ainsi que leurs enfants sont bannis de la communauté.
Seulement 9% des femmes travaillent dans le service public comme administratrice gouvernementale, directrice de coopération ou d’entreprise ou dans le corps législatif. Dans le projet de l’Assemblée Consultative de la quatrième république, on dénombrait 25 femmes sur les 260 membres.