![]() penelopes@penelopes.org III 30 janvier 2001 |
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| La crise de l'éducation est tres aiguë en Afrique Subsaharienne Par courtoisie IPS Plus de 100 millions d'enfants ne sont pas scolarisés dans les régions de l'Afrique subsaharienne et de l'Asie du Sud. Malgré les engagements de l'Union Européenne, suite aux accords de Lomé, sur la réduction massive de la pauvreté d'ici 2015, on constate une mauvaise répartition des aides, voire leur réduction, vraisemblablement au profit des pays d'Europe de l'Est. L'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud représentent deux régions de la planète ou le déficit de l'éducation est très prononcé, car respectivement 45 millions et 56 millions d'enfants âgés de 6 à 11 ans ne sont pas scolarisés. Ces deux régions ont une très faible performance en matière de progrès, d'égalité des sexes et de pauvreté. Toutefois, la crise est plus aiguë en Afrique. L'Asie du Sud, sauf le Pakistan, a fait des progrès notoires, pour réduire le déficit scolaire au cours de la précédente décennie ; en conséquence, moins de 30 millions d'enfants de 6 à 11 ans ne seront pas scolarisés d'ici l'an 2005. Par contre, en Afrique subsaharienne, le nombre d'enfants déscolarisés est en hausse. En Afrique subsaharienne, particulièrement, le rythme actuel du progrès ne suffit pas pour atteindre l'objectif de l'éducation primaire pour tous en l'an 2015, comme l'a prévu le Sommet mondial sur le Développement social en 1995. Dans le monde entier, 75 millions d'enfants seront encore déscolarisés jusqu'à la date fixée à Copenhague, si un progrès rapide n'est pas réalisé pendant la prochaine décennie. En 2015, environ 70 pour cent des enfants déscolarisés seront originaires de l'Afrique subsaharienne, alors que la région ne comportera que 15 pour cent des enfants d'âge scolaire. Il est nécessaire d'envisager une action internationale concertée sur les obstacles au développement économique et humain de l'Afrique. La mémoire, la performance, la qualité et l'efficacité font défaut au progrès scolaire, et nécessitent une solution urgente. Mais la couverture scolaire est aussi un obstacle fondamental à l'éducation primaire universelle. S'il n'y a pas de nouveaux investissements massifs dans les systèmes éducatifs de l'Afrique subsaharienne, la marginalisation économique et sociale de la région s'accélèrera. La Commission européenne est le cinquième plus grand donateur au monde, elle est également l'organisation qui accorde plus d'aide aux activités éducatives. Par contre, les budgets individuels des Etats membres de l'UE représentaient près des deux tiers du total de l'aide bilatérale accordée à l'éducation primaire en 1996. L'influence conjuguée de l'UE et de ses Etats membres sur les chances d'instruction des pauvres du monde est potentiellement énorme. Mais étant donné que la politique d'aide à l'éducation n'est pas clairement définie au sein de l'UE, la politique de développement est souvent fragmentée, incohérente et mal coordonnée. Le manque de cohérence et d'efficacité interne se reflète dans le manque d'influence de l'UE sur la politique internationale. Oxfam International croit que l'Union européenne peut et devrait agir maintenant pour contribuer entièrement et effectivement a la réalisation de l'engagement international pris à Copenhague pour façonner le XXIe siècle et donner à chaque enfant une éducation primaire de qualité d'ici l'an 2015. Les détails de l'aide accordée par la Commission au système éducatif ne sont pas disponibles et le modeste progrès effectué pour obtenir des données sur le Fonds Européen de Développement (FED) est resté vain, car la Commission ne rend pas compte au Comite d'aide au développement de l'OCDE. Par conséquent, les tentatives de vérification de l'allocation sectorielle ne sont pas exactes. Néanmoins, les tendances de l'aide à l'éducation primaire sont globalement positives au sein du DGVIII, l'organe chargé de l'aide aux pays du Groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Les ACP comprennent tous les pays moins avances du monde, sauf neuf, et représentent l'épicentre de la crise mondiale de l'éducation. Avant la Convention de Lomé IV, les dépenses sociales n'etaient pas une priorité pour la Commission. Cependant, dans le cadre de l'EDF8, l'éducation de base est devenue une nouvelle priorité qui a attiré des ressources considérables, surtout s'il faut inclure les fonds de l'ajustement structurel. L'aide sociale par habitant a doublé sous Lomé IV et la proportion de l'aide accordée à l'éducation de base a quadruplé en passant de 15% sous EDF7 à 60% sous EDF8. Toutefois, bien que les aides allouées à l'éducation de base aient augmenté sous EDF8, l'image du secteur éducatif est, en général, plus mitigée. En général, seuls 5,4% des fonds de l'EDF ont été alloués à l'éducation et à la formation, alors que EDF7 leur accordait 11% de ses fonds. En conséquence, l'aide accordée à l'éducation primaire est réduite de moitié dans le budget global de l'aide, et les dépenses de l'éducation de base représentent 3% des dépenses totales de l'EDF. L'inexistence d'un engagement clair de la Commission vis-à-vis du secteur éducatif est couplée avec l'inégalité des allocations accordées à chaque région. Les engagements pris par la Commission et les Etats membres pour façonner le XXIe siècle (surtout pour réduire la pauvreté absolue de 50% et assurer l'éducation pour tous d'ici l'an 2015) ne sont pas respectés, car l'aide octroyée à l'Association des pays d'Europe de l'Est a augmenté de façon remarquable ces dernières années, alors que les propositions faites aux ACP ont nettement baissé. Les allocations accordées à l'Europe de l'Est en 1997 étaient trois fois plus importantes que celles dont le Groupe ACP a bénéficié. Si les allocations se faisaient sur la base des critères objectifs de développement humain, cette situation serait renversée. |