Programmes dajustement structurel
Fiche-action concernant la fin des programmes dajustement structurel (PAS), mise à disposition par la Marche Mondiale des Femmes
Texte de la revendication
La fin des programmes dajustement structurels
Synthèse de la situation
La Banque Mondiale, et plus particulièrement le Fonds Monétaire International1 sont les institutions responsables de concevoir, de recommander et dappliquer les programmes dajustement structurels ( PAS ) dans presque une centaine de pays du Sud et de lEst .
Ces programmes ont vu le jour à la fin des années 80. Ils ont pour objectif la réorganisation des économies selon les principes de lorthodoxie néo-libérale classique et la gestion de la dette extérieure des pays endettés du Sud et, plus récemment, de lEst. Lajustement structurel de leur économie à la logique et à la dynamique néo-libérale, doit permettre à ces pays de dégager les ressources nécessaires au remboursement de leurs dettes, notamment via les exportations qui sont présentées comme prioritaires. Ces programmes ont des conséquences dramatiques et particulièrement sur la vie des femmes.
Les Mesures constitutives des PAS :
- restructuration de toute léconomie du pays en vue de favoriser lexportation ;
- augmentation des taux dintérêts ;
- coupures dans les programmes publics ( éducation, santé, programmes alimentaires) ;
- diminution des services de lÉtat ( mises à pied massives );
- levée des obstacles au commerce international ;
- déréglementation des prix des biens et de services ;
- privatisation des entreprises de lÉtat rentables ;
- dévaluation de la monnaie.
Conséquences réelles des PAS après vingt ans dapplication :
- chômage massif pour les employés et employées des secteurs publics. Il résulte des mises à pied massives ;
- précarisation des emplois, surtout des emplois féminins et multiplication de nouveaux types demplois à très bas salaires et majoritairement féminins également ( notamment dans les zones franches ) 2;
- affaiblissement de laction syndical et disparition progressive des normes du travail ;
- réduction des services publics gratuits et accessibles corrélative à la diminution du rôle social de lÉtat, coupures dans les budgets sociaux et privatisation de secteurs des services publics ;
- pénurie de produits alimentaires essentiels, dits " de base " ;
- dégradation de lenvironnement ;
- hausse des prix, particulièrement des biens et des services essentiels ;
- augmentation de lanalphabétisme ;
- détérioration de la santé de la majorité de la population mais particulièrement de celle des femmes et des enfants ; ré-apparition de maladies qui avaient déjà été contrôlées auparavant comme la tuberculose, le choléra, etc
Par lapplication des mesures constitutives des Programmes " dajustement structurel ", on a éliminé les mécanismes de redistribution des revenus collectifs en faveur des personnes les plus démunies de la société.
Ces mesures de restructuration économique expliquent " la mondialisation de la pauvreté "3.
Depuis le début de leurs mises en application, la pauvreté a augmenté et les écarts entre les riches et les pauvres aussi.
La mondialisation économique se fait au détriment de la majorité de la population mondiale et au bénéfice des entreprises nationales et transnationales .
Une poignée dindividus détient une richesse comparable au PNB ( produit national brut ) de 56 % de la population mondiale 4.
Quelques données
Au Pérou, en 1990, le prix du pain a été multiplié par 12 et celui de lessence par 31 en une journée.
Les hausses brutales des prix des produits de base comme le pain ont conduit à des émeutes en République Dominicaine, au Venezuela, en Zambie, au Soudan, en Tunisie, au Maroc et en Égypte.
Au Philippines 5 :
48,7 % des femmes enceintes souffrent danémie alimentaire ;
37,2 % des mères ne produisent pas de lait ;
4, 7 % des femmes sont goitreuses alors que 0,7 % des hommes sont goitreux ;
près de 2000 femmes sont décédées en 1989 suite à labsence de soins pendant et après leurs grossesses ;
pour lannée 1988-1989, lintérêt de la dette extérieure des Philippines sélevait à 4,4 millions de dollars par jour, soit 13 fois le budget du ministère de la santé.
Actions suggérées :
Les coordinations nationales des pays ayant un programme dajustement structurel en exécution peuvent exiger de leurs gouvernements
à court terme :
quils mettent fin aux programmes dajustement structurel et à tout contrat de prêt conditionné selon la logique implacable de ces programmes.
à plus long terme :
quils exigent de nouvelles conditions aux prêts financés par le FMI et par la BM ou par les institutions de financement internationales qui les remplaceraient.
Ces nouvelles conditions de prêts seraient fixées selon de nouveaux critères de développement tenant notamment compte des indices sexués. Ces nouveaux critères seraient adoptés par le parlement du pays sous consultation préalable des organisations populaires et particulièrement de la Coordination nationale mise sur pied dans le cadre de la Marche mondiale des femmes. Cette consultation serait obligatoire et rendue publique.
Les coordinations nationales des pays membres de lOCDE6 peuvent exiger de leurs gouvernements
à court terme :
quils nexigent plus la mise en pratique des programmes dajustement structurel qui sappliquent dans les pays du Sud et de lEst et que, dans les forums et rencontres internationales comme le G7, G20, Assemblées des FMI, BM, OMC etc, ils fassent pression pour lannulation des ces programmes
à plus long terme :
que les conditions actuelles, liées à lapplication des PAS, de prêts accordés par les institutions financières internationales, soient remplacées par de nouvelles conditions reposant sur un autre modèle de développement social, économique, environnemental, politique et culturel adapté qui permettra lélimination de la pauvreté et de la violence. Lélaboration de ce nouveau modèle de développement ne doit pas être le fait des pays riches, elle doit reposer sur une large participation des pays en voie de développement.
Les institutions
La Banque Mondiale (BM) :
Mission :
promouvoir le développement économique ;
promouvoir la reconstruction des pays émergents ou détruits par la guerre.
Structure :
pour être membre de la BM il faut être membre du FMI ;
il y a 182 pays membres ;
il existe un conseil des gouverneurs, ce sont généralement les ministres des finances des pays membres. Ils se réunissent une fois lan, lors de lassemblée conjointe BM-FMI ;
le conseil dadministration est composé de 24 membres nommés par des pays ou par des groupes de pays ;
elle emploie 10 000 personnes ;
depuis toujours son Président est un citoyen des États-Unis ; il sagit depuis 1995 de M. James Wolfensohn.
Processus décisionnel :
la quota- part ( cest -à -dire la somme que chaque pays dépose dans la banque) est déterminée selon la richesse du pays ;
le droit de vote de chaque pays est proportionnel à sa quote-part ;
la richesse du pays détermine son pouvoir au sein de la BM ;
Le Fonds Monétaire International (FMI) :
Mission :
assurer la stabilité du système monétaire international ;
promouvoir le commerce international ;
promouvoir la stabilité des changes.
Structure :
il y a 182 pays membres ;
il existe un conseil des gouverneurs; comme pour la Banque Mondiale ce sont généralement les ministres des finances des pays membres. Ils se réunissent une fois par an, lors de lassemblée conjointe FMI-BM ;
le conseil dadministration est composé de 24 membres, nommés par les pays ou par des groupes de pays ;
il emploie 2 200 personnes, majoritairement des économistes ;
depuis toujours son directeur est un citoyen de lEurope ; il sagit depuis mars 2000 de M. Horst Köhler, dorigine allemande ;
Processus décisionnel :
la quota- part ( cest-à-dire la somme que chaque pays dépose dans le Fonds ) est déterminé par la richesse du pays ;
le droit de vote de chaque pays est proportionnel à sa quote-part ;
la richesse de chaque pays détermine son pouvoir au sein du FMI.
- Vous trouverez une brève présentation de ces deux institutions en annexes de cette fiche.
- Cf. : Fiche- action concernant les Normes du travail internationales.
- La mondialisation de la pauvreté, Michel Chossudovshy, éd. Écosociété, Québec, Canada, 1998.
- " Une logique implacable ", Michel Chossudovsky, dans Les exclus du festin, Relations, Québec, juin 2000.
- Vivre sur la corde raide, les femmes, la crise de la dette et lajustement structurel aux Philippines, Illo Baquirin, 1992.
- . Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Italie, Irlande, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Nous navons pas inclus la Grèce, le Mexique et la Turquie, parce que bien quils soient membres de lOCDE, ils ne sont pas des pays industrialisés.
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