![]() penelopes@penelopes.org III 30 janvier 2001 |
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| Sommet CEE-Afrique : libéralisme contre développement par Pascale Castro-Belloc Un premier sommet Union Européenne - Afrique devrait prochainement voir le jour. Lidée, lancée par le Portugal, est de régler les problèmes créés entre les deux continents par lintroduction de leuro, et délaborer de nouveaux accords commerciaux. En effet, les accords de Lomé, considérés comme trop protecteurs pour les pays africains bénéficiaires, et contraires à une véritable libéralisation des échanges, sont remis en cause par plusieurs pays européens et les USA. Mais à ces projets sen ajouteront dautres, encore plus rentables ! Dans les coulisses, les deux continents scelleront leur amitié dans le sang, car les perspectives sont probablement, essentiellement militaires. Sur 53 pays africains, plus de la moitié sont en guerre. Ces conflits ont coûté huit milliards de dollars à lAfrique australe pour 1998, un centième des dépenses militaires mondiales (800 milliards de dollars). Pendant ce temps, le groupe britannique British Aerospace (numéro 3 mondial) a réalisé un chiffre d affaires défense de 10,09 milliards (dollars) tandis que la France a vendu pour 7,6 milliards (euros) darmements. Jacques Chirac a exprimé son soutien à la proposition portugaise le 4 février dernier. Cet appui conforte lamitié franco-lusitanienne dont le Président français sest fait le chantre. Lisbonne a donné, il est vrai, des gages de sa bonne volonté en réservant un accueil favorable à la déclaration franco-britannique de Saint-Malo. Conclue en décembre 1998, cette dernière fait état dun accord qualifié d«historique » par Tony Blair, pour doter lUnion Européenne dune « capacité autonome daction, appuyée sur des forces militaires crédibles, avec les moyens de les utiliser et en étant prête à le faire afin de répondre aux crises internationales. » Cette stratégie permettrait à lEurope de surmonter ce double défi que M.Chirac évoquait à Saint-Malo: « lemploi » et « laffirmation de lUnion européenne sur la scène internationale, avec une véritable politique étrangère et une défense que les Européens soient capables de mettre en oeuvre eux-mêmes. Les amitiés européennes se renforcent donc sur fonds de stratégies communes de défense et darmements qui dessinent clairement les intérêts réels de la tenue dun tel sommet! Gageons que les complexes militaro-industriels (CMI) sont déjà là, embusqués dans les travaux préparatoires. Pour la façade médiatique, une solution sera cherchée à la diminution continue des aides octroyées par les pays du G7 au titre de laide au développement, qui représentent 0,22% du PNB en 1997 alors quelles étaient de 0,25% en 1996 et de 0,33% en 1992. Ou encore, on discutera toujours entre amis, de lapplication européenne du document adopté en 1996 par les pays membres de lOCDE « Le rôle de la coopération pour le développement à laube du XXIe siècle » dont lobjectif est de réduire de moitié dici à 2015 la proportion de personnes vivant dans lextrême pauvreté. Les matières premières seront évoquées et de nouveaux accords commerciaux envisagés, moins favorables à lAfrique que ceux de Lomé, mais restant tout de même à la faveur prétendue du plus pauvre et pour conclure, les participants se féliciteront de leur entente cordiale. |