penelopes@penelopes.org III 28 février 2001

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Et les politicien-nes dans tout ça…?
par Malin Björk

Parallèlement au Forum Social Mondial, se tenait le Forum Parlementaire Mondial, dans le but d’aborder les revendications des mouvements sociaux rassemblés à Porto Alegre. Ce Forum, qui réunissait 350 parlementaires venant de 25 pays différents, avait inscrit à son agenda entre autres, les questions et les enjeux de la dette, de la taxe Tobin, de la dérégulation des marchés et de la démocratie.

Le simple fait de convoquer un Forum des Parlementaires à côté, ou en parallèle, du FSM servait à créer un point de rencontre et à renforcer les liens et alliances entre les mouvements sociaux, les femmes et les hommes, avec le pouvoir, disons, institutionnel. Cela a apporté, en effet, un changement frais et symbolique par rapport à l’ordre établi – celui des réunions internationales dans les couloirs desquels les ONG traînent, suppliant les politiciens de les écouter, du ‘lobbying’ où les propositions des mouvements sociaux doivent déjà être institutionnalisées pour être acceptées. L’événement était donc l’occasion de renverser les rôles - pour les Parlementaires de s’informer, d’écouter, de prendre part aux divers ateliers et de profiter de la richesse des mouvements sociaux, présents à Porto Alegre.

Une déclaration contre la mondialisation néo-libérale
Dans le cadre du Forum Parlementaire, une déclaration finale a été adoptée par l’ensemble des parlementaires présents. Dans ses grandes lignes, cette déclaration manifestait le soutien aux mouvements sociaux contre les injustices renforcées par la mondialisation néo-libérale, et engageait les parlementaires à assurer une plus grande transparence, et une participation de la société civile, aux négociations internationales. En outre, la déclaration reprend à son compte les revendications de la Marche mondiale des femmes, ainsi qu’un appel pour annuler la dette, pour mettre en place une taxe type Tobin, et pour assurer la fin des paradis fiscaux. Des réseaux globaux de parlementaires se sont ainsi formés pour continuer à faire avancer les revendications de Porto Alegre.
Même si la plupart des participant-es venaient d’Amérique Latine, d’autres régions étaient aussi représentées. Parmi les 350 parlementaires, il y avait 11 député-es européen-nes. La déclaration du Forum Parlementaire est maintenant en circulation au sein du Parlement européen (PE) pour que ceux et celles qui n’étaient pas présent à Porto Alegre puissent la signer. L’existence d’un intergroupe sur la “ Taxation du capital, fiscalité et mondialisation ” au Parlement européen, avec environ une centaine de députe-es membres, indique que les actions contre une mondialisation néo-libérale prend forme aussi au niveau parlementaire. En janvier de cette année, une résolution qui demandait une étude de faisabilité d’une taxe style Tobin a été battue par seulement 6 votes au PE ! Reste pour la société civile à se mobiliser pour la prochaine résolution sur le même thème qui sera proposée dans la deuxième partie de l’an 2001.
Espérons que le Forum Parlementaire n’était qu’un début de rapprochement entre mouvements sociaux et politiciens, qui aura la possibilité de se développer et d’impliquer plus de parlementaires, et que le FSM restera un point de rencontre entre deux mondes d’action politique différents, mais qui partagent la vision d’un changement social radical pour les femmes et les hommes – ‘un autre monde’ quoi !