![]() penelopes@penelopes.org III 30 mai 2001 |
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| Léconomie sociale est solidaire Par Joelle Palmieri A Trois-Rivières, au Québec, une poignée de féministes décidaient il y a plus de dix ans de prendre lillettrisme à bras le corps. Elles sont aujourdhui à la tête dune palette variée dentreprises déconomie solidaire créées par leurs propres stagiaires, majoritairement des femmes. Plus de 3 500 personnes travaillent dans une des 625 entreprises de léconomie sociale au Québec. Les garderies, les coopératives forestières ou dhabitation, les services d'aide domestique, les troupes de théâtre, forment le gros des activités couvertes par le secteur. Mais, qui lit économie sociale doit comprendre économie solidaire à la Française, car, au Québec, notre économie sociale est qualifiée de vieille . Le Centre d'organisation mauricien de services et d'éducation populaire (COMSEP), créé il y a quinze ans par douze femmes dont lactivité principale était la cuisine, représente aujourdhui un des fleurons de léconomie sociale outre-Atlantique. Organisme sans but lucratif, le COMSEP favorise la création demplois par léducation populaire. Conscientes du taux élevé dillettrisme (au Québec, on préfère dire analphabétisme, une personne sur quatre est concernée dans le territoire du Grand Trois-Rivières, à 100 km au sud-ouest de Québec), ces femmes ont décidé de développer des formations pour lutter contre lexclusion. Selon une de ses membres, dans la lutte contre la pauvreté ce sont les femmes qui sont le plus affectées -, léconomie sociale est incontournable. Aujourdhui, aidées pour moitié par des subventions dEtat, elles sont propriétaires de plusieurs bâtiments quelles louent aux entreprises quelles accompagnent, à des prix très modestes. Ainsi, analphabètes, handicapé-es, itinérant-es, immigré-es, familles monoparentales, populations pauvres, âgées, ex-psychiatrisées, assistées sociales, toutes personnes exclues de fait du marché du travail, bénéficient de formations longues adaptées pour créer, à terme, leurs propres emplois. Une fois lemploi créé, les salaires décidés sont plus élevés que dans le privé : 11$ canadien de lheure pour un-e ébéniste au lieu de 8$, 13$ contre 9 pour une couturière. De nombreuses activités Le COMSEP organise également des activités connexes comme laccès libre à Internet dans différents lieux, un comptoir vestimentaire, un journal quotidien, un service de restauration Près de 4000 personnes participent chaque année à ces activités et plus de 400 en sont membres. 125 y sont bénévoles dont 80% de femmes. Parmi les fiertés de Sylvie Tardif, lune des fondatrices, lébénisterie, fondée en 1999 et dans laquelle une quinzaine de personnes travaillent quotidiennement. Spécialisée dans la fabrication de meubles en bois, elle vend sa production aux particuliers comme au secteur privé. Elle fabrique également des piquets pour les clôtures, exportés aux Etats-Unis. Chaque personne en stage est encadrée par un coordinateur, lui-même issu de la filière et une psychologue répond aux demandes des personnes en difficulté. Bien dautres activités sont orchestrées par le COMSEP, comme lusine de couture, un atelier de stylistes, un autre de conditionnement de café équitable et évidemment Bouffelles, restaurant hors pair, qui accueille, chaque jour, plus de 30 personnes. On essaie de décider les menus de façon participative , explique la diététicienne. Ce qui caractérise tou-tes les employé-es : leur optimisme ! Comme le souligne Josée, une autre fondatrice, avoir un emploi, même pas rémunéré, cest déjà énorme ! . Promouvoir les alternatives de travail En 1995, le COMSEP a créé ECOF (Economie communautaire de Francheville) dont la mission est d'améliorer les conditions de vie des personnes défavorisées socio-économiquement et/ou faiblement scolarisées . ECOF fait également la promotion de formules alternatives de travail qui allient à la fois la formation et la réinsertion, et la production de biens et services utiles à la collectivité. ECOF sensibilise la population et plus particulièrement les milieux économiques institutionnels et politiques. Partie prenante dès 1995 de la campagne du pain et des roses contre la pauvreté et les violences faites aux femmes, le COMSEP était totalement impliqué dans la Marche mondiale des femmes. Dailleurs, ses fondatrices se disent féministes. A noter une originalité : le COMSEP a mis en place un groupe femmes mais aussi un groupe hommes COMSEP, 749, rue Saint-Maurice, Trois-Rivières (Québec) G9A 3P5 Téléphone: (819) 378-6963, Télécopieur: (819) 378-0628, comsep@tr.cgocable.ca |